Introduction au management industriel
L’année du Mastère Spécialisé MISL commence avec un jeu pédagogique pour s’immerger dans l’univers d’une entreprise et de son usine.
Chaque groupe doit proposer une stratégie pour concevoir, produire et distribuer leurs produits vers des marchés exigeants et où la concurrence (les autres groupes) est féroce. Le jeu met en valeur la complexité pour une entreprise industrielle de prospérer dans un environnement concurrentiel.
La stratégie des opérations au service de la stratégie globale
L’étude des flux physiques et informationnels dans l’usine révèle un grand nombre de problèmes à résoudre. Il faut arbitrer l’usage de ressources entre l’amélioration de la productivité, la diminution des délais de livraison, la réduction des stocks (en-cours, semi-finis et produits finis), etc. À moins qu’il ne faille améliorer le cycle de développement produits ?
Pour réaliser ces arbitrages, il est nécessaire d’adopter une perspective commerciale. Qui sont mes clients ? Que désirent-ils ? Qui sont mes concurrents ? En effet, la stratégie d’un groupe pour conquérir un marché particulier peut se retrouver vaine si la concurrence a adopté une stratégie similaire mais plus agressive. Alors, faut-il persévérer pour espérer déloger le leader ? Ou bien abandonner ce marché pour un autre en perdant des investissements stratégiques ?
Le jeu place les participants face à deux constats vertigineux pour un étudiant à la découverte de l’univers industriel.
Premièrement, il n’existe pas une infinité de clients. Autrement dit, dans le modèle économique actuel, le développement de chacune des entreprises se fait souvent aux dépens des autres. Il y aura des gagnants et des perdants…
Deuxièmement, la définition d’une stratégie de développement pour se positionner dans ce monde concurrentiel est exercice difficile. D’une part, l’entreprise a une visibilité limitée sur son environnement pour bâtir sa stratégie. Comment prédire la situation d’un marché sans connaître les intentions des concurrents ? D’autre part, l’alignement des capacités opérationnelles avec une stratégie de développement demande une réflexion technique approfondie. Si ma stratégie à bas coût échoue à gagner suffisamment de parts de marché, est-ce que mon entreprise pourra pivoter vers une stratégie de différenciation en proposant des produits personnalisées ? Et cela dans un contexte où des entreprises se sont déjà positionnées en prenant de l’avance sur les investissements nécessaires ?
Une plongée dans les opérations et la stratégie des opérations
Sans dévoiler la substance du jeu, nous pouvons deux apprentissages importants au niveau opérationnel dans l’étude des flux d’une entreprise.
Dans sa terminologie propre, le jeu présente une variété d’anti-flux qui viennent ralentir les flux dans l’entreprise. Ces anti-flux sont directement inspiré de ce que chacun peut observer : non qualité, lourdeur administrative, goulot d’étranglement, poste de travail dangereux, etc. Face à ces anti-flux, les groupes doivent identifier les solutions appropriées pour limiter leur impact sur la performance de l’entreprise. De plus, dans un contexte de ressources limitées, les groupes priorisent les solutions à mettre en œuvre pour répondre à la stratégie de développement. Mais attention le jeu n’est pas linéaire : les groupes devront parfois suivre un raisonnement inverse en adaptant la stratégie de développement à l’appareil de production.
Dans le jeu, comme dans la réalité, les flux sont découplés grâce des stocks de semi-fini ou de produits finis. Il n’est pas rare de voir l’instant où la théorie et la pratique s’entrechoquent dans l’esprit des apprenants : “j’ai investi pour augmenter la production de semi-finis mais ça ne permet pas de livrer plus vite ?”. Si on apprend que par l’expérience, ce jeu est une grande source d’apprentissage.
En somme, le jeu offre une vision de la complexité des opérations. Tout le monde est contributeur pour la création de valeur, mais seule une expertise technique peut permettre de démêler les relations pour des processus efficaces et efficients par rapport au but visé. Il restera, dans la réalité, à user de ses compétences managériales pour accompagner le processus de changement auprès de tous les contributeurs.

